Le Grandtrek ST20 présente une forte fragmentation mécanique de sa bande de roulement. Les quatre rainures longitudinales isolent des rangées relativement étroites, tandis que les coupures transversales réduisent encore la taille des unités de gomme capables de reprendre un effort sans fléchir. Il en résulte un rapport entre souplesse locale et rigidité globale orienté vers la progressivité plutôt que vers une réponse sèche et immédiate. La quantité limitée de gomme continue pénalise notamment la précision lors des changements d’appui rapides sur chaussée sèche.
Au centre, l’absence de bande pleine empêche la formation d’une véritable colonne vertébrale circonférentielle. Les pavés disposés en zigzag conservent néanmoins une certaine cohésion grâce au décalage de leurs arêtes obliques: les ruptures de continuité ne sont pas toutes alignées sur un même axe transversal. Sous une sollicitation longitudinale, chaque pavé peut prendre un léger angle avant que les éléments voisins ne participent davantage à l’effort. Cette mise en charge échelonnée rend les réactions progressives, mais elle autorise plus de mouvement qu’une nervure centrale compacte et peut allonger la phase de stabilisation après une correction de volant.
Les pavés intermédiaires sont allongés dans le sens de roulement, mais leurs nombreuses entailles transversales les divisent en petites sections flexibles. Cette géométrie leur permet de mieux épouser les aspérités fines d’un revêtement irrégulier. En contrepartie, les segments fléchissent successivement au passage dans l’empreinte. À allure soutenue, cette répétition augmente le travail interne de la gomme et peut favoriser un échauffement supérieur à celui d’une bande moins découpée. Sous des efforts fréquents d’accélération ou de freinage, les bords avant et arrière de ces segments sont également susceptibles de s’arrondir plus vite que leur partie médiane.
Les épaules utilisent des pavés rectangulaires nettement séparés plutôt qu’une bande périphérique compacte. Leur forme régulière préserve une surface d’appui utile, mais les larges interruptions transversales empêchent la création d’un anneau latéral très rigide. En virage, la charge passe donc successivement d’un pavé d’épaule au suivant. Cette succession tend à rendre l’approche de la limite moins brutale, au prix d’un léger mouvement de sculpture et d’une précision moindre lors des inscriptions rapides. La symétrie gauche-droite évite qu’un seul côté de la bande soit spécialisé, mais elle ne procure pas le renfort extérieur massif que l’on rencontre sur les dessins destinés à privilégier les forts appuis latéraux.
Le tracé légèrement sinueux des rainures crée enfin des pavés dont les flancs ne sont pas parfaitement parallèles. Lorsque ceux-ci s’inclinent sous charge, certaines portions peuvent trouver un appui progressif contre les parois voisines, ce qui freine les déformations les plus importantes. Cette géométrie concentre toutefois davantage les contraintes aux changements d’angle qu’un canal rectiligne, avec un risque d’usure localisée aux pointes des blocs si le pneu subit régulièrement des couples élevés.