Le contraste de rigidité entre les deux demi-bandes constitue le trait mécanique le plus distinctif de cette sculpture. Les pavés les plus larges forment des appuis relativement fermes, tandis que les rangées davantage découpées peuvent épouser plus facilement les petites irrégularités. Cette répartition évite qu’un dessin très ouvert soit uniformément souple, mais elle ne procure pas la continuité d’appui d’un profil routier à nervures.
Les trois couloirs sinueux communiquent avec de nombreux passages obliques. Ce réseau présente une forte connectivité: l’eau peut changer de voie lorsqu’un couloir est momentanément comprimé dans l’empreinte. En contrepartie, les changements de direction et les intersections opposent davantage de résistance à l’écoulement qu’un ensemble de canaux droits et parallèles. Sous une forte hauteur d’eau, les jonctions les plus resserrées peuvent donc devenir les points limitants du débit.
Le rapport élevé entre longueur d’entailles et surface de gomme rend les pavés centraux relativement déformables. Ils peuvent mieux se mettre au niveau d’un revêtement granuleux, mais leurs microdéplacements successifs produisent davantage d’échauffement et une réponse moins immédiate au volant qu’avec une bande centrale continue. Sur pierre abrasive, les nombreuses extrémités de découpes constituent aussi des zones où les arêtes peuvent progressivement s’arrondir.
Les sorties latérales ouvertes des épaules facilitent l’expulsion des matières une fois les blocs sortis de l’empreinte. Leur largeur laisse toutefois davantage de place aux graviers pour pénétrer entre deux pavés. Les arêtes d’épaule, moins soutenues latéralement, sont également plus exposées aux chocs répétés sur piste dure que des épaules presque fermées.
L’ensemble traduit un compromis nettement orienté vers la polyvalence: appuis différenciés, capacité de drainage ramifiée et mobilité locale importante. La contrepartie se manifeste surtout sur route rapide, où la segmentation centrale et les épaulements ouverts ne peuvent égaler la précision, la stabilité thermique et la continuité de contact d’un dessin principalement routier.