Le KL71 privilégie nettement la motricité sur terrain meuble au détriment de la continuité d’appui sur chaussée. Ses pavés épais offrent une réserve de matière et une base robuste, mais la forte proportion de creux réduit la quantité de gomme mobilisable sur un sol dur. La pression de contact se concentre donc sur des îlots distincts plutôt que de se répartir de manière homogène.
Dans la boue, la terre meuble ou les graviers, les multiples orientations des arêtes permettent aux pavés centraux de reprendre les efforts de traction sans dépendre d’une seule direction d’accrochage. Les espaces généreux ménagés entre eux peuvent recevoir temporairement une quantité importante de matériau, puis favoriser son expulsion sous l’effet de la rotation et de la déformation. À faible vitesse, lorsque l’effet centrifuge est réduit ou que la boue est très collante, ces cavités peuvent néanmoins rester chargées plus longtemps.
Sur route sèche, le fractionnement en pavés hauts et isolés autorise davantage de déplacement local sous les efforts de freinage, d’accélération et de braquage qu’une architecture à bandes continues. La réponse au volant peut ainsi paraître moins immédiate, avec un appui latéral plus progressif. Les pavés massifs limitent partiellement cette mobilité, mais ne suppriment pas le basculement possible de leurs arêtes.
Les faibles découpes superficielles préservent la cohésion des pavés sous un couple élevé. En contrepartie, elles créent peu de micro-arêtes capables de rompre le film d’eau au niveau de l’empreinte. Les grands passages disponibles entre les blocs peuvent évacuer un volume d’eau important, mais la traction sur chaussée humide dépend aussi de la surface de gomme réellement présente et de sa capacité à épouser les petites irrégularités: sur ces deux points, cette sculpture très ajourée est moins favorable qu’un dessin routier dense et finement découpé.
Les pavés périphériques peuvent reprendre un effort lorsque le pneu s’enfonce dans une ornière ou travaille sur un sol meuble. Sur asphalte, leur entrée en contact discontinue produit au contraire des impacts plus marqués. Associée aux grandes cavités, cette succession favorise un grondement de roulement et des vibrations à basse fréquence. L’irrégularité de l’espacement peut répartir une partie de l’énergie acoustique entre plusieurs fréquences, sans rendre le profil silencieux.
Enfin, les efforts appliqués à chaque pavé indépendant peuvent différer entre son bord d’attaque et son bord de fuite. Les phases répétées d’écrasement, de basculement puis de détente exposent donc le KL71 à une usure en talon-pointe et à un arrondi progressif des arêtes. Ce phénomène réduit peu à peu le mordant sur terrain meuble et peut accentuer les vibrations sur chaussée.