Le dessin de l’OTTIMA P1 privilégie une empreinte peu hachée: les bandes centrales restent continues et les entailles transversales sont trop espacées pour former un réseau de blocs indépendants. Cette continuité réduit le nombre de bords qui entrent brutalement dans l’empreinte à chaque tour de roue. Elle devrait donc produire moins de chocs élémentaires qu’une sculpture composée de pavés centraux décalés. La répétition très régulière des lignes circonférentielles et des incisions peut ponctuellement donner une tonalité plus marquée sur certains revêtements, sans remettre en cause le niveau sonore globalement contenu.
Les nervures centrales sont relativement étroites et délimitées par des rainures droites. Elles conservent une forte continuité de gomme dans le sens circonférentiel, mais disposent de peu de liaisons transversales avec les rangées voisines. Lors des phases de couple répétées, chacune travaille donc comme une bande assez autonome: cela limite le tortillement de petits pavés, mais les deux longues arêtes de chaque nervure peuvent subir davantage de micro-glissements que son milieu. À mesure que le pneu vieillit, un arrondissement des bords peut ainsi apparaître avant que le sommet central de la nervure ne soit totalement consommé.
L’alignement rectiligne des quatre rainures peut également rendre la bande de roulement sensible aux chaussées striées dans le même sens. Lorsque l’écartement des stries du revêtement coïncide avec celui des nervures, les arêtes longitudinales peuvent se caler momentanément dans ces lignes et transmettre de légères corrections au volant. Ce phénomène est moins lié à la rigidité générale du pneu qu’au parallélisme marqué de cette sculpture.
La faible densité d’entailles laisse des volumes de gomme largement connectés. Le profil évite ainsi le mouvement permanent de nombreuses petites lamelles et limite la production de chaleur associée à leur ouverture et à leur fermeture. La contrepartie apparaît sur la neige tassée, la boue superficielle ou les sols meubles: les nervures offrent peu d’arêtes transversales capables de cisailler la couche rencontrée, et leur dessin longitudinal crée moins d’ancrage mécanique qu’un réseau de blocs croisés.
Les épaules semi-continues ne sont interrompues que par de fines incisions espacées. Ces coupures créent quelques points locaux de flexion sans transformer la périphérie en succession de blocs libres. Leur faible nombre réduit les risques de mobilité excessive entre éléments voisins, mais concentre davantage les variations de contrainte à l’extrémité de chaque incision. Après de nombreux cycles, ces zones peuvent marquer plus nettement que le reste de la bande périphérique si les sollicitations sont répétitives.