La sculpture s’organise en cinq files porteuses séparées par quatre rainures longitudinales sinueuses. La file centrale, composée de petits pavés rectangulaires ou polygonaux, offre une succession de contacts courts, tandis que les blocs intermédiaires plus larges apportent davantage de matière entre deux découpes. Cette gradation évite qu’une seule rangée concentre toute la souplesse de la bande, mais elle crée des niveaux de rigidité différents entre le centre et les côtés.
Le décalage longitudinal des pavés empêche les séparations entre blocs de former une ligne transversale unique. Sous charge, la bande conserve ainsi des ponts de gomme d’une rangée à l’autre. En contrepartie, le grand nombre de jonctions et de petites arêtes augmente les zones où les contraintes locales peuvent se concentrer et arrondir progressivement les angles des pavés.
Les épaules utilisent des éléments de taille moyenne, fractionnés par des entailles transversales et par plusieurs fines lamelles. Cette segmentation rend la périphérie de l’empreinte plus souple qu’une épaule massive. Elle peut mieux absorber les petits reliefs, mais elle procure une prise d’appui moins immédiate lors d’un braquage rapide sur chaussée ferme.
En roulage, les rangées décalées ne frappent pas le sol simultanément: les entrées en contact sont réparties dans le temps, ce qui limite les impacts périodiques marqués. Les rainures sinueuses interrompent également la géométrie d’un conduit d’air rectiligne, au prix de contractions successives susceptibles de produire un souffle plus diffus. Le compromis acoustique devrait donc favoriser l’absence de tonalité dominante plutôt qu’un silence absolu.
La forte densité de découpes, particulièrement visible sur les petits pavés centraux et les épaules, accroît la mobilité locale des parties superficielles. Cette souplesse peut filtrer les aspérités courtes, mais les ouvertures et fermetures répétées des lamelles génèrent davantage de travail interne dans la gomme. Lors des longs parcours sur revêtement ferme, cette architecture peut donc produire plus d’échauffement et une sensation moins compacte qu’un dessin constitué de larges nervures pleines.