Le ROADPRO R610 repose sur cinq files porteuses séparées par quatre rainures circonférentielles. Cette partition donne à la couronne une rigidité transversale moins homogène que celle d’un profil à nervures pleines: chaque rangée peut prendre un angle légèrement différent sous charge. La succession centrale de pavés jointifs ne constitue donc pas une véritable colonne vertébrale continue. En revanche, le décalage des séparations évite qu’une même ligne de faiblesse traverse simultanément toute la partie médiane; les articulations sont réparties longitudinalement au lieu d’être alignées.
Les pavés centraux étroits cumulent des contours polygonaux, des entailles obliques et une forte densité de fines découpes. Leur section résistante est faible, notamment en torsion. Sur chaussée sèche, cette architecture produit davantage de mobilité au sommet des pavés qu’une bande centrale pleine: les sollicitations longitudinales peuvent être absorbées en partie par la déformation de la sculpture avant d’être transmises à la carcasse. La réponse à l’accélérateur, au freinage ou aux petites corrections de volant peut ainsi paraître plus progressive, mais aussi moins immédiate.
Les quatre rainures continues réduisent sensiblement la proportion de gomme porteuse dans la couronne. Leurs parois légèrement sinueuses créent en outre des largeurs de pavés variables: certaines portions deviennent des cols de flexion privilégiés. Sous des efforts répétés, ces passages étroits concentrent davantage la déformation que les parties plus larges des mêmes pavés. Cette alternance peut accroître les pertes mécaniques internes et rendre l’usure locale moins uniforme qu’avec des nervures de largeur constante.
Aux épaules, les pavés sont plus volumineux que dans la partie médiane, mais restent séparés par des sillons transversaux ouverts. Leur largeur leur procure une meilleure résistance propre à l’écrasement, tandis que les séparations autorisent une rotation relative entre pavés voisins. Le compromis est donc intermédiaire entre une épaule rigide et continue, qui privilégierait une réaction très directe, et une épaule entièrement ouverte, beaucoup plus mobile. Lors d’un appui latéral, le conducteur peut ressentir une prise de charge graduelle plutôt qu’un verrouillage immédiat de l’épaule.
La symétrie du dessin compense les orientations opposées des entailles obliques. En ligne droite, les moments latéraux produits par la déformation des blocs d’un côté tendent à être équilibrés par ceux de l’autre côté. Cette compensation limite la création d’une poussée transversale propre à la sculpture. Elle dépend cependant d’un chargement comparable des deux moitiés de l’empreinte: un écart de pression ou un réglage de train roulant dissymétrique solliciterait fortement les petits pavés centraux, dont la faible rigidité rend les différences de charge plus visibles.
Enfin, les cavités étroites formées à l’intersection des rainures sinueuses et des entailles obliques peuvent retenir de petits gravillons. Les pavés centraux, plus menus, offrent moins de volume autour de ces logements pour résister aux contraintes ponctuelles; les parcours gravillonnés peuvent donc marquer davantage les angles de blocs que les larges éléments d’épaule.