L’imbrication décalée des pavés centraux évite qu’une même ligne de séparation traverse simultanément le centre de l’empreinte. Il subsiste ainsi des ponts de gomme longitudinaux entre les découpes, ce qui répartit mieux la charge qu’un quadrillage dont les joints seraient alignés. Les angles des pavés polygonaux concentrent toutefois davantage les contraintes aux sommets et au débouché des entailles.
Les trois rainures sinueuses composent un circuit hydraulique ramifié avec les canaux obliques. En roulage sur chaussée mouillée, l’eau peut passer d’un couloir longitudinal à l’autre lorsqu’un passage est momentanément comprimé dans l’empreinte. La sinuosité et les changements de section imposent néanmoins plus de pertes de charge que des rainures rectilignes de largeur comparable: l’évacuation des volumes importants reste donc moins directe.
La géométrie ondulée des lamelles apporte un verrouillage partiel de leurs deux faces lorsque les pavés subissent un effort tangentiel. Ce verrouillage limite une partie du déplacement relatif que produiraient des découpes droites. Leur densité élevée réduit malgré tout la section résistante de chaque pavé. Sous le couple d’un essieu moteur, les blocs centraux peuvent se vriller et se redresser à chaque passage dans l’empreinte, avec deux contreparties possibles: une production d’énergie dissipée dans la gomme et une usure différentielle entre les bords d’attaque et de fuite.
L’absence de bande centrale continue rend la transmission du couple moins uniforme que sur une sculpture à nervure pleine. L’agencement imbriqué évite que tous les pavés se déforment au même instant, mais il ne supprime pas leur mobilité individuelle. Sur revêtement sec, cela peut se traduire par une réponse moins immédiate aux corrections de trajectoire et par une légère sensation d’élasticité sous forte charge.
Aux épaules, les séparations transversales diminuent la continuité latérale du caoutchouc. Les blocs périphériques disposent donc de moins de soutien mutuel lorsqu’ils entrent dans l’empreinte en virage. Cette disposition peut accroître la déformation des bords extérieurs et rendre leur usure plus sensible aux sollicitations latérales répétées.
Enfin, le décalage longitudinal des rangées fractionne dans le temps l’entrée en contact des pavés. Il tend à étaler les impulsions acoustiques plutôt qu’à les concentrer sur une fréquence unique. Le motif restant très répétitif, un grondement de blocs peut néanmoins persister à certaines vitesses, particulièrement lorsque les arêtes commencent à présenter une différence de hauteur.