Le R350 présente cinq bandes de roulement séparées par quatre rainures circonférentielles visibles. Son centre n’est pas constitué d’une côte pleine isolée: il associe plutôt des éléments étroits et allongés, rendus quasi continus par leur alignement longitudinal mais interrompus par de courtes découpes transversales. Cette organisation forme une empreinte assez fermée, avec davantage de gomme que de vide entre les sillons principaux.
La forte densité d’entailles ne suffit pas à en faire une sculpture hivernale: les éléments restent orientés longitudinalement, sans chevrons ni blocs fortement ouverts capables de mordre un sol meuble. Le dessin conserve donc une logique nettement routière. Sur gravier, terre ou boue, ses rainures étroites et ses épaules peu ouvertes offrent peu d’espace pour absorber puis rejeter les matériaux; il est beaucoup plus à son avantage sur une chaussée compacte.
Les épaules quasi continues constituent un trait important de ce profil. Contrairement à une rangée de blocs indépendants, elles présentent peu de grandes séparations susceptibles de créer une succession marquée d’arêtes d’attaque. Cette continuité favorise une entrée en contact progressive sur le bord de l’empreinte et limite le basculement individuel des pavés. Les fines découpes qui traversent ces épaules créent toutefois de nombreux petits segments de gomme: sous des sollicitations latérales répétées, leurs arêtes peuvent se polir ou prendre une usure orientée.
La régularité des rangées et des encoches donne enfin au dessin une périodicité assez prononcée. Elle réduit les chocs associés à de gros blocs transversaux, absents ici, mais peut concentrer une partie du bruit de roulement autour de fréquences étroites plutôt que de le répartir largement. L’ensemble apparaît donc compact et ordonné, avec pour principales contreparties une mobilité accrue des petites arêtes lamellisées et une aptitude limitée à l’auto-nettoyage hors bitume.