La géométrie centrale comporte des changements répétés de largeur: les pavés allongés se resserrent près des inflexions des rainures puis retrouvent une section plus importante. Cette alternance rompt les chemins rectilignes par lesquels une coupure pourrait se prolonger d’un élément au suivant. En contrepartie, les cols étroits et les angles rentrants concentrent les contraintes dans de petites portions de gomme; une agression ponctuelle peut donc y amorcer un arrachement localisé.
Les courtes découpes des blocs d’épaule s’arrêtent avant de traverser complètement chaque élément. Le pont de gomme subsistant derrière leur extrémité augmente la résistance du bloc au déchirement. Cette terminaison fermée constitue toutefois elle-même un point de concentration des contraintes, particulièrement exposé si une pierre ou un bord saillant pénètre dans l’entaille.
En rotation, la cadence des arêtes n’est pas identique entre les éléments centraux sinueux et les blocs d’épaule plus régulièrement espacés. Le décalage entre leurs entrées successives dans la zone chargée évite qu’un grand nombre d’arêtes frappent la chaussée exactement au même instant. Il répartit ainsi une partie de l’excitation mécanique entre plusieurs fréquences. La répétition assez régulière des séparations d’épaule peut néanmoins conserver une composante sonore plus marquée à certaines vitesses.
Sous un couple moteur ou un freinage appuyé, les portions resserrées des pavés centraux se déforment davantage que leurs têtes plus larges. Cette micro-torsion cyclique dissipe localement de l’énergie et peut accélérer l’arrondissement des pointes qui bordent les tracés sinueux. Le phénomène sera surtout visible sur les arêtes obliques, dont une extrémité entre en charge avant l’autre.
Les entailles d’épaule à extrémité fermée enferment par ailleurs un petit volume d’air lorsqu’elles se referment au contact du sol. Le faible volume de ces cavités limite l’intensité du pompage, mais leur ouverture unique peut produire de brèves impulsions acoustiques sur un revêtement très lisse.
Enfin, les rares incisions fines se concentrent près des épaules et laissent les pavés centraux avec peu d’arêtes microscopiques. Sur le givre ou une neige tassée, cette répartition offre peu de points d’accrochage au centre de la zone chargée: la traction longitudinale y devient rapidement tributaire des seules arêtes principales, beaucoup plus espacées.