Le R900 privilégie une forte longueur d’arêtes au sol plutôt que la rigidité d’une bande porteuse continue. Cette architecture crée de nombreux points de contact susceptibles de mobiliser une surface meuble ou humide, mais elle rend chaque élément plus sensible à la flexion sous charge.
Dans la zone médiane, l’emboîtement géométrique des éléments apporte un soutien partiel entre voisins lorsque l’empreinte les comprime. Ce soutien reste toutefois moins homogène que celui d’une bande centrale pleine: les réactions aux petites corrections de volant peuvent donc être plus progressives que tranchantes.
Le volume libre est réparti entre plusieurs voies longitudinales et de multiples dégagements secondaires. Cette répartition permet à l’eau de quitter plusieurs secteurs de l’empreinte, sans dépendre d’un unique canal. La sinuosité et les changements de section augmentent néanmoins la résistance à l’écoulement lorsque le débit devient important.
Les nombreuses entailles fournissent des arêtes supplémentaires dès que les pavés se déforment et peuvent fractionner localement le film d’eau. Elles ne suffisent toutefois pas à procurer une véritable aptitude hivernale: sans marquage 3PMSF ni M+S, les performances restent faibles sur neige et plus encore sur glace. Leur autre contrepartie est une mobilité accrue des pavés, particulièrement avec une gomme souple: la réponse de direction peut perdre en netteté et l’échauffement local augmenter lors d’un roulage soutenu sur sol sec.
Aux épaules, la segmentation transversale facilite la mise en prise des arêtes pendant la traction et le freinage. Sous un fort appui latéral, ces séparations autorisent cependant davantage de basculement des blocs, ce qui limite la stabilité par rapport à une épaule quasi continue et peut concentrer l’abrasion sur leurs bords.