Le MINERVA 109 associe des éléments centraux étroits à des épaules beaucoup moins ouvertes. Cette répartition crée un gradient de rigidité transversal: la partie médiane est relativement souple en cisaillement, tandis que les bords conservent davantage de gomme porteuse. La prise d’appui devrait donc se construire progressivement plutôt que de produire une réaction initiale très sèche. En contrepartie, les rangées centrales peuvent se déplacer légèrement les unes par rapport aux autres lors d’un braquage rapide, ce qui limite la netteté de la première réponse au volant.
L’étroitesse des séparations circonférentielles laisse une proportion importante de gomme dans l’empreinte, mais leur parallélisme isole mécaniquement les rangées adjacentes. Sous carrossage ou charge décentrée, chaque rangée reprend ainsi l’effort avec peu de liaison transversale avec sa voisine. Cette architecture peut préserver une sensation régulière à allure modérée, tout en rendant la distribution de pression plus sensible au réglage de géométrie et à la charge appliquée.
La forte densité de découpes rend les petits éléments centraux plus flexibles que leur orientation longitudinale ne le laisserait supposer. À l’arrêt, leurs sous-segments se conforment facilement aux faibles irrégularités de la chaussée. En roulage soutenu, cette mobilité devient une contrepartie: les sous-segments fléchissent puis se redressent à chaque passage dans l’empreinte, ce qui accroît le travail interne de la gomme. Les effets les plus probables sont un échauffement plus marqué au centre et un arrondissement progressif des arêtes lorsque les freinages ou accélérations sont répétés.
Les épaules semi-continues présentent un rapport gomme/creux élevé. Elles offrent donc une base porteuse plus robuste que les rangées médianes et limitent l’écrasement des bords sous effort transversal. Leurs entailles courtes se terminent toutefois dans la masse du bloc: ces extrémités fermées concentrent localement la déformation. Une sollicitation répétée peut alors produire une différence d’usure entre le bord d’attaque et le bord de fuite de chaque segment d’épaule.
Enfin, la cadence très régulière des pavés et des entailles ne montre pas de variation de pas marquée. Lorsque ces éléments frappent successivement la chaussée, leurs excitations risquent de s’additionner autour de fréquences proches au lieu d’être réparties sur un spectre plus large. Le bruit perçu peut ainsi prendre une tonalité identifiable sur certains revêtements, particulièrement lorsque les arêtes commencent à s’arrondir.