Le rapport plein/creux du GP100 est surtout réparti dans le sens circonférentiel: une part importante du volume négatif est concentrée dans quatre couloirs, tandis que les passages permettant de transférer un fluide d’un couloir à l’autre restent beaucoup plus courts. Cette géométrie réserve donc un volume disponible régulier sous l’empreinte, mais elle crée peu de communications latérales directes vers les bords. En ligne droite, l’eau peut être canalisée sans rencontrer de changement brutal de direction. En revanche, lors d’un braquage ou dans une flaque abordée en biais, son chemin transversal jusqu’à l’extérieur est moins direct, particulièrement à proximité des épaules relativement fermées.
La faible section de gomme de la nervure axiale limite la largeur susceptible de se cintrer d’un seul tenant. Elle peut ainsi conserver une réponse assez nette aux petites corrections de volant. Sa contrepartie est une charge locale potentiellement plus concentrée: si l’empreinte se resserre au centre, cette bande axiale peut devenir une ligne d’usure plus visible que les rangées adjacentes.
Les rangées intermédiaires cumulent des pavés allongés et plusieurs découpes fines. À l’arrêt, cette combinaison rend leur partie superficielle plus compliante que celle des épaules. Elle favorise l’adaptation de la gomme aux petites irrégularités, mais réduit le soutien mutuel entre les extrémités de chaque pavé. En roulage, celles-ci peuvent fléchir successivement à l’entrée et à la sortie de l’empreinte. Ce fonctionnement tend à adoucir les réactions, au prix d’un échauffement local et d’une sensibilité accrue à une usure dissymétrique entre bord d’attaque et bord de fuite.
Les épaules présentent une proportion de gomme élevée et des découpes qui ne pénètrent que sur une courte distance. Elles constituent donc une assise plus ferme que les rangées intermédiaires. Sous effort transversal, leur forme arrondie devrait faire entrer progressivement la partie externe de l’épaule en contact, ce qui favorise une transition douce lors de la mise en appui. Cette progressivité est moins incisive qu’une épaule carrée et fortement découpée: le premier mouvement de volant peut paraître moins tranchant, et le faible volume de vide transversal en périphérie limite la capacité à expulser rapidement l’eau lorsque le pneu travaille avec un angle de dérive important.
La répétition régulière des incisions et des blocs crée par ailleurs une excitation mécanique assez périodique. Elle rend le comportement prévisible d’un tour de roue à l’autre, mais peut concentrer une partie de la signature acoustique sur quelques fréquences plutôt que de la disperser entre de nombreux pas de sculpture différents.
Dans son ensemble, le GP100 privilégie ainsi une empreinte ordonnée, avec une rigidité plus élevée en périphérie et davantage de souplesse dans les rangées intermédiaires. Ce gradient peut procurer une prise d’appui progressive, mais il impose des niveaux de déformation différents entre bandes voisines. Sur un usage prolongé à vitesse soutenue, les rangées les plus découpées sont donc susceptibles de produire davantage de chaleur et de s’user plus vite que les épaules si la charge reste concentrée sur leur partie centrale.