Sur l’Advan Sport V103A, les portions de gomme qui subsistent au-delà des extrémités des entailles intermédiaires jouent un rôle de liaison mécanique. Elles empêchent les éléments voisins de se comporter comme des pavés complètement indépendants: lorsqu’un bord est sollicité, une partie de l’effort peut être transmise à la portion adjacente. Cette liaison devrait limiter les mouvements relatifs des bords sous charge. En contrepartie, elle réduit leur capacité à épouser séparément les petites irrégularités du revêtement; les extrémités des entailles constituent aussi des changements locaux de rigidité autour desquels la déformation peut se concentrer.
Les quatre rainures principales offrent à l’eau des chemins circonférentiels distincts. En roulage sur une chaussée mouillée, cette disposition permet de recevoir une partie de l’eau déplacée par les bandes intermédiaires sans imposer son transfert jusqu’au bord du pneu. Les entailles qui s’arrêtent dans la gomme ne constituent toutefois pas, à elles seules, des traversées latérales complètes: le drainage du centre repose donc davantage sur les collecteurs longitudinaux que sur une expulsion directe vers les épaules. Ce partage des trajets est favorable sous un film d’eau modéré, mais ne supprime pas le risque de saturation des rainures dans une accumulation d’eau.
Les pavés d’épaule allongés transversalement présentent une particularité mécanique: leur assise reste étendue dans le sens latéral, tandis que leurs bords avant et arrière sont séparés par les entailles. Sous un effort longitudinal, ces bords peuvent se déplacer davantage que le cœur du pavé. Des sollicitations répétées peuvent ainsi produire une différence d’usure entre bord d’entrée et bord de sortie, même si la gomme conserve une bonne cohésion latérale. Les découpes qui atteignent le bord arrondi maintiennent également des issues pour l’eau au voisinage des épaules, là où une bande périphérique fermée ferait obstacle.
Enfin, la faible multiplication des incisions dans les bandes intermédiaires limite le nombre de petites lèvres susceptibles de fléchir à chaque passage dans l’empreinte. Elle devrait réduire la part de dissipation liée à ces mouvements locaux, sans permettre de conclure au niveau global de résistance au roulement. Le revers est une moindre multiplication des arêtes capables de s’engager dans la neige tassée. Sur le plan acoustique, la succession régulièrement espacée des entailles d’épaule peut générer une composante sonore rythmée: les sollicitations obliques des bandes intermédiaires n’effacent pas nécessairement cette périodicité périphérique.