Sur l’OVATION VI-686 AT, la faible lamellisation laisse de grandes portions de gomme indivisées à l’intérieur de chaque pavé. Sous un effort de freinage, ces portions peuvent travailler ensemble, plutôt que se déformer en une succession de fines languettes. Cette disposition tend à contenir la mobilité locale de la surface des blocs. En contrepartie, les quelques incisions visibles créent peu de petites lèvres susceptibles de prendre prise sur une surface très lisse et glissante: les contours des pavés ne remplacent pas entièrement ce travail à petite échelle.
Le décalage des blocs centraux a également une conséquence acoustique. Les entrées en contact des différentes rangées ne se produisent pas toutes sur une même ligne transversale, ce qui peut répartir les impulsions au lieu de les additionner simultanément. Cela ne rend pas le dessin silencieux: chaque interruption entre deux blocs reste susceptible de provoquer une excitation à l’entrée dans l’empreinte. Le décalage peut donc atténuer la synchronisation des impacts sans supprimer le bruit lié à la segmentation.
Les pavés d’épaule, plus larges et peu incisés, offrent chacun une surface de gomme relativement peu fragmentée. Lorsque l’appui se déplace vers une épaule en virage, cette construction tend à limiter les mouvements internes du pavé. Mais les séparations transversales laissent ses extrémités libres de se déformer. Sous des sollicitations répétées, ces extrémités peuvent glisser davantage que le milieu du pavé et développer une différence d’usure entre bord d’entrée et bord de sortie. La faible lamellisation limite le fractionnement interne, pas le basculement du bloc entier.
Pour l’eau, les changements de direction des passages centraux constituent un compromis distinct. Les branches transversales des épaules permettent une sortie latérale, tandis que le trajet sinueux entre les blocs impose des déviations à l’écoulement longitudinal. À section et profondeur égales, ce parcours oppose davantage de résistance qu’un canal rectiligne. L’existence de sorties latérales est donc favorable au dégagement de l’eau, mais ne suffit pas à garantir un débit élevé lorsque la quantité d’eau augmente.