Le TRIANGLE TR918 présente une faible densité de découpes fines: les surfaces comprises entre les entailles conservent ainsi des plages de gomme peu subdivisées. Cette géométrie limite les petites portions de gomme susceptibles de basculer individuellement sous l'effort de freinage. La contrepartie concerne les surfaces glissantes hivernales: les rares lamelles offrent peu d'arêtes fines capables de multiplier les prises sur la neige tassée. Les entailles obliques espacées ne remplacent pas un réseau dense de lamelles.
Les petites entailles inclinées des bandes intérieures introduisent des arêtes orientées différemment des bords longitudinaux. Leur espacement laisse toutefois des intervalles relativement longs sans nouvelle arête transversale. Le dessin privilégie donc des surfaces pleines entre les découpes plutôt qu'une succession serrée de points d'accrochage.
Sur l'épaule située à droite de la vue, les découpes légèrement coudées donnent aux bords des blocs plusieurs orientations successives. Sous un effort combinant freinage et virage, ces différentes portions de bord ne sont pas sollicitées de manière identique. Les changements de direction du contour peuvent concentrer localement les déformations: une abrasion plus marquée près des angles constitue une contrepartie possible, plutôt qu'une usure parfaitement uniforme du bord de chaque bloc. Ce phénomène dépend notamment de l'intensité et de la répétition des sollicitations.
L'intérêt technique de ce dessin réside ainsi dans la faible subdivision des surfaces de contact, tandis que ses limites les plus lisibles concernent la rareté des arêtes fines et les sollicitations localisées autour des découpes coudées.